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Fabriquer une volière d’extérieur

Pourquoi une volière d’extérieur ? Pour le premier (et seul pour le moment...) bricolage, je vous présente la réalisation d’une volière d’extérieure !

Une volière extérieure apporte beaucoup d’avantages par rapport à des cages ou à des volières d’intérieur : pouvoir conserver beaucoup plus d’oiseaux et dans des conditions de vie bien meilleures, s’affranchir du problème des salissures (entre autres) que pose des oiseaux à l’intérieur des habitations, etc. Il n’existe pourtant pas beaucoup de modèles tout fait et ceux que j’ai trouvé lorsque j’ai voulu une volière se sont révélés mal adaptés (trop petits), très chers, et parfois même non commercialisés en France. Après beaucoup d’hésitations, je me suis donc lancé à fabriquer moi-même ma volière.

Plutôt que de décrire ici la construction de la volière avec moult plans et schémas, je préfère vous présenter les grands principes et les grandes étapes pour éviter de vous noyer dans les détails mais au contraire pour vous permettre d’adapter cette construction à vos goûts, à vos besoins et à vos possibilités.

Matériaux et outillage

Etant incapable de souder, j’ai fait le choix d’une volière en bois. L’ossature est composée de chevron de bois brut de 3 mètres de longueur (je n’avais pas les moyens de transporter des pièces plus grandes), de 2 sections différentes : 6x8 cm pour la structure principale et 4x6 cm pour la structure secondaire. Il ne faut surtout pas prendre du bois de charpente, car celui-ci est traité et les oiseaux ne le supporteraient pas. En revanche, il peut être utile de choisir des chevrons autoclavés qui vieillissent moins, ce que je n’ai pas fait.

Les "parois" sont constituées de grillage et de panneaux d’OCB (hydrofuge) comme vous le voyez sur la photo. Il faut par ailleurs, pour assembler tout cela, prévoir des cornières comme celles utilisées en charpentes, ainsi, bien sûr, que clous, agrafes et vis. J’ai choisi des agrafes et des vis en inox qui présentent l’énorme avantage de ne pas rouiller (et l’énorme inconvénient d’être assez chères...)

Enfin, il faut penser au sol, à choisir en fonction du terrain : dallage béton, plots, dalles ciment... Pour ma part, mon choix s’est porté sur des caillebotis en bois.

Pour l’outillage, je n’ai eu besoin que de choses très classiques : scies (à main, sauteuse et circulaire), marteau, tournevis (électrique car il y a beaucoup de vis...), pinces droites et coupantes, agraffeuse (électrique aussi)...

Combien ça coûte tout ça ?

Le tout m’a couté environ 450 € de matériaux (en 2007), dont environ 100 € de vis et d’agrafes, 100 € de grillage, 130 € de bois, 50 € d’equerres, 65 € de caillebotis et quelques autres bricoles (charnières, verrous ...). Un prix finalement très bas pour une volière qui fait 6 m² ; une volière du commerce aurait couté au moins le double pour une surface moitié moindre, et sans pouvoir forcément l’adapter à la configuration des lieux.

Bien sûr, il ne faut pas hésiter à faire jouer les prix, surtout pour le grillage et les cornières, car les différences sont considérables d’une enseigne à l’autre.

Le plan d’ensemble

La volière a une dimension de 3 x 2 mètres, avec une petite excroissance de 0,50 x 1 mètre qui servira d’abri. Le sol posé en caillebotis vous le montre sur la photo.

J’ai positionné l’ensemble pour profiter du mur à gauche pour l’abriter du vent, et de le porte de la maison au fond qui permettra de créer un faux sas bien utile. En effet, les oiseaux ont la facheuse volontée de vouloir voler et ils risquent de s’échapper lorsque l’on ouvre la porte. L’idéal est de créer un vrai sas d’entrée mais, comme je n’avais pas la place, j’ai utilisé cette astuce.

L’ossature en cadres

Le principe de montage est basé sur des cadres qui, assemblés entre eux, formeront les cotés de la volière. Pour cela, c’est assez simple : 4 tasseaux coupés aux bonnes dimensions (attention à la largeur des tasseaux dans le calcul des dimensions !) et assemblés par des cornières. Le tout doit être maintenu d’équerre et c’est le plus délicat dans cette opération. Pour le faire, j’utilise le principe des diagonales (les 2 diagonales des rectangles doivent être égales pour que le rectangle soit ... rectangle).

J’ai ainsi fabriqué 2 cadres de 3 x 2 mètres pour les cotés et 1 cadre de 1,88 x 2 mètres pour le fond (1,88 et non pas 2 mètres car il faut tenir compte des 6 cm de largeur de chacun des 2 tasseaux des autres cotés ! Je n’ai pas fait de cadre pour le devant car vous verrez que j’ai fermé différemment.

La finition des cadres

Après avoir ajouté une lisse intermédiaire (toujours grace à des cornières vissées), j’ai agrafé le grillage sur les tasseaux. Plus tard, j’ai du renforcer la fixation du grillage sur les tasseaux en venant visser des lames de mouchette par dessus, car les agrafes avaient tendance à resssortir.

Pour un des cotés, j’ai également rajouté un panneau d’OCB pour offrir un peu d’abri. J’ai, plus tard, dû faire la même opération sur l’autre coté pour les mêmes raisons : être dehors c’est bien mais il ne faut pas oublier que les oiseaux auront besoin de s’abriter du vent et du soleil...

Le montage

Avec le système des cadres, c’est une opération très simple même s’il vaut mieux être 2 pour le faire. L’un tient un cadre pendant que l’autre apporte le cadre suivant et les fixe ensemble (toujours par des cornières bien sûr). Cela se fait en quelques minutes et la volière prend tout à coup forme !

Vous voyez sur la photo de gauche le système ainsi monté et le tasseau (en haut au tout premier plan) que j’ai mis pour rigidifier l’ensemble et qui me servira à faire le devant. J’ai fixé un tasseau de la même façon en bas.

J’ai enfin fixé les tasseaux qui tiendront le grillage (et dans une partie des panneaux d’OCB) du toit (photo de droite).

L’abri

Les photos parlent d’elles mêmes. Pour faire l’abri, je me suis "amusé" avec un mécano de tasseaux, de cornières et de panneaux d’OCB ; Chaque pièce taillée au fur et à mesure.

On voit, toujours sur ces photos, les cadres ainsi que les tasseaux de devant que j’ai posé à l’étape précédente. L’abri de 1 x 1 mètre déborde ainsi de 50 cm vers l’extérieur.

C’est un choix que j’ai fait pour optimiser la place dont je disposais, mais cela se révèle finalement assez compliqué à réaliser. Dans la mesure du possible, il est préférable d’imaginer l’abri complètement sorti ou complètement rentré...

Ça se termine ...

Avant de "fermer", je fixe le grillage sur le dessus. C’est assez simple sur les 2 premières travées, mais cela se complique sur la troisième car agrafer sur le tasseau du milieu devient acrobatique.

Je compléterai plus tard en visser des lames de mouchette par dessus les tasseaux pour que les agrafes du grillage ne ressortent pas, comme j’ai dû le faire pour le grillage des cadres sur les cotés.

Enfin, je rajoute par dessus la dernière travée (celle où il y a l’abri) des panneaux d’OCB pour protéger les futurs pensionnaires du soleil et de la pluie.

On ferme !

Dernière opération : finir la volière en la fermant par une porte (et oui ... il faudra bien pouvoir rentrer !). Je l’ai réalisé avec un simple panneaux d’OCB monté sur charnières et équipé d’un verrou extérieur qui doit pouvoir être fermé avec un cadenas pour la sécurité. Un petit verrou intérieur, pour "s’enfermer dedans" complète l’installation.

Je vous montre, sur les photos d’à coté, l’avant et l’après de ce dernier montage.

C’est fini !

C’est terminé ! Il ne reste plus qu’à faire rentrer nos nouveaux locataires en veillant à ce que cela se passe pendant une période suffisemment chaude s’ils viennent de dedans.

Réaliser cette volière a été réellement un plaisir. Il m’a fallu environ 4 week-end (dont 2 de 4 jours) et c’est une vraie satisfaction d’autant que le résultat est esthétiquement vraiment réussi (de l’avis de tous ceux qui sont venus la voir).

Quelques mangeoires, de l’eau pour boire et se laver, des branchages, des perchoirs, des "jeux" ... et beaucoup d’observation. Le bonheur est dans le jardin !

Si c’était à refaire ?

Deux ans après l’avoir faite, elle est toujours en place et a passé sans encombre les hivers, les tempêtes et les jours de vent d’autant. Les oiseaux ont l’air de bien s’y sentir et se sont reproduits (une fois même alors que nous n’avions installé aucun nid !)

Les regrets ? Je n’avais pas la place, mais pouvoir installer un petit abri de jardin à la place de l’abri que j’ai bricolé aurait été beaucoup mieux. D’abord parcequ’il y aurait eu plus de place et les oiseaux y passent quand même beaucoup de temps. Mais surtout parceque le toit plat à cet endroit a mal vieilli en se gorgeant d’eau et en n’étant plus du tout étanche. J’ai du fabriquer un petit toit, légèrement en pente, avec des plaques de goudrons fixées par dessus. Le résultat est assez esthétique et très efficace, mais cela aurait été plus simple et plus solide de le prévoir dès le départ.

Mon autre petit regret (même si je n’y peux rien) est que le bois brut, s’il était très joli au départ, à aussi beaucoup vieilli en se noircissant et en se verdissant. Comme, en plus, les oiseaux l’attaquaient, j’ai du doubler toute l’ossature de lames de mouchette. Au demeurant, la mouchette étant beaucoup plus dure que le bois brut, c’est très efficace.

Enfin, le caillebotis au sol semblait une bonne idée : étant ajouré, il ne devais retenir ni l’eau ni les graines et faciliter l’entretien. Or c’est le contraire : les graines et les feuilles forment un tapis d’humus qui germe et qu’il est très difficile de nettoyer car il faut alors soulever chaque caillebotis un par un.

Mais encore une fois, malgré ces petits défauts, je pense qu’une telle volière apporte beaucoup d’avantages et d’intérets pour un prix très raisonnable. J’espère en tout cas vous avoir apporté des idées et même, pourquoi pas, vous avoir donné envie de vous lancer dans l’aventure. Cela en vaut la peine !